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Achtaï

Pièce-figurine du jeu de fejij chile.


 
Achtaijanr

"Achtaï concrète" du jeu de fejij chile, c'est-à-dire : pièce-figurine qui représente des personnages historiques ou mythiques, par opposition aux achtaixenr et aux pièces qui symbolisent une fonction.

 
Achtaixenr

"Achtaï abstraite" du jeu de fejij chile, c'est-à-dire : pièce-figurine qui représente une abstraction (une qualité, une notion philosophique...), par opposition à celles représentant des personnages historiques ou mythiques et à celles qui symbolisent une fonction.


 
Chajarat Ibn Chajarat

Personnage légendaire humain des XIVe et XVe siècles, rédacteur du Pacte de Loplad. Célèbre au point que les Chiles ont fait une pièce de fejij portant son nom. On lui prête des aventures et des dons extraordinaires :
"On disait de lui qu’il était venu au monde les yeux grand ouverts ; que, tout juste devenu adulte, il avait tué son père en combat singulier et violé sa mère au cours d’une crise de folie ; qu’il avait fui et était devenu le premier maire-bibliothécaire de Skernab ; qu’il s’était abreuvé au venin d’un serpent et avait ainsi acquis l’immortalité ; qu’il avait fondé la secte des Adorateurs d’Héliale, fui encore, qu’il avait renié son humanité pour se convertir au Chill et, après la signature du Pacte de Loplad, qu’il avait fini ses jours dans un lieu secret où poussaient des légumes géants et des vergers fabuleux. Il était dépeint comme haineux envers tous les dieux, les prophètes et les philosophes. On l’avait doté d’une virilité fabuleuse, et dans une pièce de théâtre de foire, il faisait l’amour mille fois de suite dans le harem d’un sultan du Finest. Il aurait prédit la destruction par le feu de Loplad. Ailleurs, il aurait terrorisé des moines en leur envoyant, pour se venger de leurs mauvais traitements, un « Satan furieux ». On le prétendait capable, lorsqu’il était saoul, d’attirer les objets en fer comme un aimant." (Omale, chap. 14)


 
Chile

Une des rehs d'Omale, principal adversaire des Humains.

1) Morphologie :
Env. 2,40 mètres de haut ; tête camuse aux traits asymétriques, à mâchoires verticales fendant le bas du visage jusqu’au menton, langue = deux palpes aplatis, saillant de l’intérieur des joues au niveau des maxillaires inférieurs ; organes photorécepteurs ou taches oculaires ; deux jambes massives aux articulations déjetées, largement écartées par rapport au tronc divisé en segments pectoraux (antépectoral, postpectoral et contrepectoral) et abdominaux (antéabdomen et postabdomen), rattachés à deux rachis vertébraux ; épiderme marbré rouge et bleu-sang, cumulant les sens du tact et de l'odorat et parsemé de plaques ; appendice manuel à quatre palpes digitaux, l’extrémité de l’appendice formant un pouce opposable.

2) Physiologie :
La place des organes n'est pas fixe, et dépend du développement foetal. En guise de tube digestif, chapelet stomacal dont chaque poche contient un micro-organisme particulier (la mousse rouge qui croît sur les morts provient de la 1ère poche) ; sang bleu, qui se gélifie au contact de l’air. Les Chiles sont bisexués. Les mâles se reproduisent assez tard dans leur vie, l'acte se passant en deux temps (voir fayyanirïl). Après 25 semaines de grossesse, les bébés naissent par paires, mais les couples d’enfants ne sont pas homozygotes : la mère a deux poches utérines qui doivent être fécondées séparément, sinon l’enfant unique meurt d’un excès d’hormones de croissance diffusées par la mère, seul un enfant exceptionnellement vigoureux pouvant survivre à l’unicité (rochile) ; le foetus incube quatre autres mois dans une chrysalide ou gárban ; au niveau cellulaire : ADN triplex, c.a.d. à trois brins ; le stigmate qu’un mâle a procréé est la soudure interpectorale.

3) Culture :
Les Chiles sont plus individualistes que les Humains et les Hodgqins, même s'ils vivent en communauté (voir xaímehadenr). Leur langue se divise en deux groupes, le haut-chile et le bas-chile. Les Chiles ne portent pas de vêtements mais un harnais ou samuddam. Leur pratique sociale dominante est le jeu de fejij. Leur écriture est particulièrement complexe.

 
Chill

Religion chile qui ne se fonde sur aucun texte, mais résulte de la pratique du fejij. Il s’exerce au quotidien en tant qu'autodiscipline, comme moyen d’acceptation du monde tel qu’il est et d’acceptation de soi-même, les Chiles n’ayant ni la capacité de rêver des Humains, ni l’occultation des Hodgqins. Le Chill, à l’inverse de la plupart des religions humaines non chamaniques, ne considère pas le monde comme sordide.
L'un des aspects pratiques du Chill est la domestication de la douleur, qui a poussé les Humains à l'appeler le Culte des Tourments.
Le chill (sans majuscule) désigne la reh chile.

 
Cosmologies

Cosmologies humaines : Elles sont innombrables. La platitude apparente d’Omale a inspiré de nouvelles cosmologies (voir celle des Perceurs de Carb), ou altéré le dogme de religions existantes : chez les tenants de la Vraie Foi comme les Escopaliens et les Panslamistes, Omale est infiniment plat et constitue l’univers tout entier ; il a été créé directement par Dieu il y a six mille ans, aussi les Adorateurs d’Héliale ou les Théographes, qui révèrent les Vangk censés être à l’origine d’Omale et de son peuplement par les rehs, sont-ils considérés comme hérétiques. La cosmologie de sectes marginales (par exemple les moines de Ramo), est plus conforme à la réalité physique d’Omale, en décrivant le monde comme une sphère creuse. Voir religions.
Quant aux cosmologies rationnelles, elles ont régressé au stade mécaniste, plus adapté aux moyens primitifs d’appréhender d'univers. Jusqu’au XVIe siècle, la plupart des savants limiteront l’univers à la coquille d’Omale. En revanche, l’existence de deux planétoïdes de l'espace intérieur d'Omale, les Captives, est attestée dès les premiers siècles et a été redécouverte plusieurs fois au cours des âges.

Cosmologies hodgqines : Les Hodgqins n’ont pas, dans leur culture, de mythes archaïques aussi élaborés que ceux des autres rehs. C'est aussi valable pour les cosmologies naïves, dont les textes primitifs incluaient déjà une rationalisation. Avant, les Hodgqins n’avaient probablement jamais considéré la question digne d’être formalisée. Ces cosmologies sont d’inspiration chamanique, mais sans sorciers et plus déistes. Elles se réfèrent à une représentation psychique et collective de la nature.

Cosmologies chiles : Elles sont représentées dans le fejij. L’une des pièces de fejij, Kefahdajün, représente le Sabre qui coupe le chaos en deux, créant deux univers-plateaux, l’un masculin (Dkakjoeïr), l’autre féminin (Dkwaïjoeïrl). De la rencontre de ces deux univers, symbolisée par le plateau de jeu, naît la pensée (la vie étant une production naturelle du chaos, ne devant rien à une transcendance). Voir Chill.

 
Fejij

Jeu des Formes et des Relations chile. Sa forme pleine se joue pendant la période sacrée du Chill. « Les hommes ne connaissent pas la réalité du fejij, c’est pourquoi ils ne seront jamais que des demi-Chiles », disent les tassiím. Le fejij tient des échecs, du go et du jeu de société à personnages. Le xaïrn ou table de jeu est reconnaissable à son plateau en losanges, avec ses cases comportant six couleurs, et ses plateaux secondaires escamotables ; il est à la fois un échiquier sur lequel s’affrontent les adversaires ou tcaïs, et la carte d’un itinéraire personnel pour chaque joueur, dont les autres pièces-figurines (achtaïs en chile) se révèlent des obstacles ou des alliés. Un tournoi comporte une "petite-manche" (fruíarim en chile), une "demi-manche" (treíarim en chile), une "grande-manche" (cheíarim en chile) et un coup de conclusion (ver'aïm en chile). Le fejij mélange intuition, mémoire et stratégie. Il est enseigné par un tassiïm et formalise, pour l’esprit chile, les transformations du monde. C’est pourquoi, plus qu’un jeu, il est la force de cohésion principale de la race chile.
Il existe de nombreux mots dérivés de la pratique du fejij, comme fejkatáï, ourandaïfejij, ou les innombrables noms donnés à des coups ou enchaînements de coups.

 
Fejkataï

"Coup de fejij imaginaire". Mode de réflexion chile aboutissant à une stratégie.

 
Haut-chile

Langage vernaculaire des Chiles parlé pendant la période du Chill au cours des parties sacrées de fejij. Il contient également le langage de programmation des Dodécaèdres. La langue commune est le bas-chile. Tout Chile reconnu d'avoir enseigné le haut-chile à un Humain ou un Hodgqin risque la peine capitale.

 
Kaís

« Action » en bas-chile. 1) Utilisé pour indiquer un coup de fejij à venir. 2) Utilisé comme interjection, avec le sens de : « Allez-y ».


 
Ourandaïfejij

Nom d'une communauté chile traditionaliste pratiquant une forme extrême de fejij, qui réglait le vie de ses membres, comme la place dans la hiérarchie sociale ou le choix du partenaire sexuel, en fonction de l’unique partie à laquelle ils jouent sans discontinuer. Cette forme proscrite par le Chill a définitivement disparu au XIe siècle.
(L'ourandaïfejij est le thème principal de la nouvelle Arbitrage.)


 
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